Mise en garde contre les escrocs des réseaux sociaux

15 août 2016

Les arnaques au crédit rapide ont le vent en poupe sur le web

Depuis l'apparition des plateformes de prêt entre particuliers dans le pays, un vicieux type d'escroquerie s'est rependu sur le web par le biais des réseaux sociaux et sur les e-mails : de fausses annonces de crédit en ligne soit-disant délivrés en 24H, sans apport requis, sans caution et par des personnes se présentant comme des particuliers cherchant à investir leur capital. Il s'agit bien sûr d'une escroquerie, et la masse d'annonces sur Internet en dit long sur l'étendue de la situation. Par conséquent, énormément de témoignages d'internautes étant tombés dans le piège de cette escroquerie sont consultables sur les forums juridiques. Décortiquons leur mode opératoire.

 

Un stratagème bien étudié

 

Susciter l'intérêt de la cible avec une proposition de financement alléchante

 

arnaqueL’escroquerie au crédit rapide est présentée sous la forme d'une trame plus ou moins crédible. Pour l'escroc, il s'agit là d'une étape primordiale parce qu'il sait que la réussite de son coup est en grande partie due à la crédibilité de son histoire. Pour appâter le plus grand nombre de personnes possibles, il fait écrire et publier une fausse annonce sur des plateformes à large fréquentation tels que Facebook ou Twitter. Certains sites populaires ne contrôlent pas leurs espaces de discussion accessibles par tout le monde, ce qui devient alors forcément un terrain privilégié des escrocs. D'abord, l'arnaqueur s'affiche en tant que personne qui dispose d'une forte somme d'argent qu'elle espère faire fructifier par l'octroi de crédits avec un taux très compétitif. Par moments, il se fait passer pour un retraité rentier qui souhaite sortir du système bancaire traditionnel et donner ainsi l'image d'un homme noble qui aspire à tirer la société vers le haut. Ce procédé a un seul objectif : jouer sur la détresse financière des personnes faibles en tentant de leur faire croire qu'un emprunt est toujours possible, même avec peu de revenus. Il propose de leur octroyer un prêt, même s'ils sont déjà endettés. Une fois le "dossier" accepté, le faux prêteur promet un déblocage de l'argent dans un délai record avec des durées de remboursement pouvant monter jusqu'à plusieurs années. S'il est clair pour la plupart d'entre nous que des propositions de ce genre semblent peu probables, il est à noter toutefois que des personnes faisant face à des problèmes d'argent peuvent se faire avoir du fait de cette illusion d'obtenir un crédit pas cher et rapidement.

 

Faire croire à une démarche sérieuse

Sur internet, tout le monde peut inventer une identité avec un tant soit peu d'imagination. C'est ainsi qu'opèrent les escrocs au faux crédit en créant intégralement un faux profil qui viendra appuyer leur histoire (l'article du Midilibre sur les faux crédits rapides est très juste à ce sujet). D'abord, ils s'efforcent à donner une identité française à leur personnage. Exit donc les noms ou prénoms exotiques qui auraient tendance à faire fuir certains. Il faut que la victime ait l'impression que le prêteur est établi aux alentours. Dans un script bien structuré, le faux prêteur peut prendre l'identité d'une personne d'un certain âge ou jeune retraitée. Pour faire plus sérieux, certains iront jusqu'à réclamer des bulletins de salaire à la victime, d'autres exigeront de répondre à un questionnaire sur son travail. Pour hausser un peu sa crédibilité, le faux prêteur ira jusqu'à concevoir un grand nombre de faux personnages avec lesquels il mettra en ligne de fausses recommandations qui viendront faire son éloge.

 

Dire oui à tout le monde

Dès que la personne ciblée est convaincue du sérieux de son interlocuteur, le faux prêteur peut maintenant passer à l'étape suivante. Il confirme qu'il approuve sa demande de de prêt, mais réclame en retour le règlement de frais divers par mandat avant de faire valider définitivement le dossier. Ces frais peuvent représenter quelques centaines d'euros et servent à compenser la durée passée par l'investisseur à étudier la demande. Les frais divers sont, selon-lui, obligatoires pour libérer le prêt. Si la victime accepte, le faux prêteur l'entraînera dans un engrenage en lui ordonnant ensuite de s'acquitter d'une prime obligatoire d'assurance de crédit. Bien sûr, la victime ne verra jamais son prêt arriver et le faux prêteur retirera l'argent avant de se volatiliser.

 

De quelle façon prévenir de telles arnaques ?

 

Tout le monde en France n'a pas l'accréditation pour accorder un prêt et le crédit entre particuliers est une activité encadrée. Si un individu ou une organisation fait de la vente de services bancaires via le net, ce site doit impérativement afficher ses informations légales ainsi que les CGV. Pour obtenir le statut d'établissement de crédit, chaque organisme doit être en possession d'un agrément de l'ACPR ainsi que d'une inscription à l'ORIAS. Tout site de crédit entre particuliers doit impérativement afficher ces agréments, auquel cas il s'agit clairement d'une tentative d'escroquerie. Ensuite, il faut savoir que les délais d'obtention d'un emprunt sont assez longs et qu'il faut compter quinze jours avant de recevoir l'argent sur son compte bancaire. Et même si un individu avait de l'argent à placer de cette manière, il analyserait sérieusement et profondément tous les dossiers avant de choisir les plus solides. Pour finir, une banque n'accorderait en rien un quelconque prêt à la consommation à un demandeur fiché à la Banque de France pour impayés, ou sans ressources.

 

Si vous tombez devant ce type de message, n'hésitez pas à prévenir l'administrateur du site en question afin qu'il évacue rapidement ces fausses annonces.

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